Voulland appartenait au sommet du Comité de sûreté générale. Durant l’an II de la République, il contrôlait l’appareil judiciaire de la Terreur. Voulland sympathisait ouvertement avec les ultra-révolutionnaires autour de Jacques-René Hébert. Mais rien ne le liait à Robespierre, l’homme le plus puissant du Comité de salut public, sinon une hostilité profonde. Athée, Voulland méprisait la religiosité de l’Incorruptible. Après la chute de ce dernier, l’ancien terroriste dut à plusieurs reprises se défendre contre des accusations émanant des rangs de la Convention. À la suite de l’insurrection populaire du 1er prairial, la Convention lança un décret d’arrestation contre lui. Voulland dut se cacher pendant des mois. En octobre 1795, la Convention se sépara et proclama une amnistie générale. Voulland redevint un homme libre. Mais désabusé par les révolutionnaires, il se retira de la vie politique. Il mourut à Paris – seul et oublié. JK
1751 - 1801
11 octobre 1751 · Naissance à Uzès.
Mai 1789 · Député du tiers état du district de Nîmes aux États généraux.
Septembre 1792 · Élu député à la Convention nationale pour le département du Gard.
14 septembre 1793 · Élu au Comité de sûreté générale.
2 février 1794 · Voulland défend devant la Convention les hébertistes Ronsin et Vincent, accusés par Philippeaux.
27 juillet 1794 · Participation active à la chute de Robespierre.
29 août 1794 · Lecointre attaque Voulland et d’autres membres des comités à la Convention, les accusant de participation au système de la Terreur de Robespierre. Les accusés se défendent avec succès.
1 septembre 1794 · Voulland perd son siège au Comité de sûreté générale à la suite d’un tirage au sort.
28 mai 1795 · Après l’insurrection de prairial, la Convention décrète l’arrestation de Voulland. Il entre dans la clandestinité.
26 octobre 1795 · Amnistie générale de la Convention sur le point de se dissoudre. Voulland n’a plus besoin de se cacher, mais se retire de la vie politique.
23 février 1801 · Voulland meurt à Paris à l’âge de 49 ans.
Citations
C’est la troisième fois que le salut de la patrie m’oblige à demander la peine de mort, j’espère que ce sera la dernière. Voulland à propos de la condamnation de Louis Capet, 17 janvier 1793.
Nous allons éventrer ce gros turbot bien dodu. Voulland à propos de Danton, 1794.
Si tu me vois aujourd’hui en homme libre, c’est parce que les membres de la Convention savent ce que je détiens contre eux. Voulland à un ami, après l’amnistie générale, octobre 1795