Loi des suspects

Loi des suspectsÀ l’été 1793, la jeune République était menacée de l’intérieur et de l’extérieur. Les responsables politiques à Paris passèrent à l’action. Sans ménagement – et pas seulement avec la guillotine. La Convention décréta que tous les suspects devaient être incarcérés. Pas de formalités gênantes, pas d’accusation, pas de procès. Quiconque était considéré comme un ennemi de la liberté, et cela valait aussi pour les indifférents, allait en prison. Les comités révolutionnaires, désormais présents dans toute la République, firent un large usage de ce droit. La dénonciation devint un devoir civique. La loi des suspects était une loi d’exception pour un temps d’exception – et un blanc-seing pour l’injustice. Mais les révolutionnaires s’assuraient ainsi la possibilité d’étouffer toute résistance dans l’œuf.

1793 - 1795

Citations

Immédiatement après la publication du présent décret, tous les gens suspects qui se trouvent dans le territoire de la République, et qui sont encore en liberté, seront mis en état d’arrestation,
Article 1er

Sont réputés gens suspects : 1.º ceux qui, soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie ou du fédéralisme, et ennemis de la liberté ; […]
Article 2e

Ceux qui, n’ayant rien fait contre la liberté, n’ont rien fait pour elle
Définition des ennemis de la Révolution par Anaxagoras Chaumette, membre dirigeant de la Commune de Paris, octobre 1793

Le Moniteur

19 septembre 1793



Prisonniers de la Révolution française

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