Jacques Roux fut un communiste avant la lettre. Cet ancien prêtre devint, en tant que chef des Enragés, le porte-parole des masses sans propriété. Il réclamait une économie dirigée par l'État, l'interdiction de la propriété foncière et la peine de mort pour les spéculateurs. Ses revendications de contrôle des prix furent particulièrement bien accueillies par les femmes de Paris, qui devaient chaque jour faire face à la hausse du prix du pain et aux pénuries. Lorsque Jacques Roux soutint les actions de protestation des Parisiennes contre les marchands afin de contraindre le gouvernement à prendre des mesures économiques radicales, le Comité de salut public le fit arrêter. Roux tenta ensuite à plusieurs reprises de se suicider. Sa dernière tentative à l'hôpital réussit.
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1752 - 1794
21 août 1752 · Naissance à Pranzac (aujourd’hui département de la Charente).
1789 · Roux est prêtre à Saint-Thomas-de-Conac. Enthousiasmé par les idées de la Révolution, il doit quitter sa paroisse et se rend à Paris.
16 janvier 1791 · Il prête serment à la Constitution civile du clergé.
1792 · Lorsque Marat doit entrer dans la clandestinité, Roux l’héberge. À la fin de l’année se forme le mouvement des Enragés, dans lequel Roux joue un rôle majeur.
21 janvier 1793 · Roux accompagne l’ex-roi Louis XVI vers la guillotine en tant que représentant de la Commune de Paris.
Juillet 1793 · Après l’assassinat de Marat, Roux poursuit la publication de son journal Le Publiciste de la République française. Il se présente lui-même comme le successeur de Marat.
5 septembre 1793 · Roux est arrêté en raison de ses revendications socio-révolutionnaires.
14 janvier 1794 · Il comparaît devant le tribunal criminel du Châtelet, qui se déclare incompétent et le renvoie devant le Tribunal révolutionnaire. Roux se porte alors cinq coups de poignard dans la poitrine. Il est conduit à l’hôpital de Bicêtre.
4 février 1794 · Suicide à l’hôpital de Bicêtre.
Citations
La liberté n’est qu’une vaine illusion tant qu’une classe peut laisser une autre mourir de faim en toute impunité. Jacques Roux, 1793.
Il faut mettre à mort tous les mauvais citoyens qui, depuis quatre ans, ont acquis d’immenses richesses, ces égoïstes qui ont exploité le malheur public pour s’enrichir. Jacques Roux, juillet 1793.
Il y a bien plus d’innocents dans les prisons que de coupables. Jacques Roux, septembre 1793, depuis la prison de Sainte-Pélagie.
Le Moniteur
Nonidi, 29 Nivôse, l'an 2 de la République Française, une et indivisible (18 janvier 1794)