République plutôt que monarchie, abolition de l’esclavage, citoyenne plutôt que Madame ! Louise de Kéralio était une révolutionnaire. La première femme à publier un journal. Une militante engagée pour l’égalité et la justice. Pourtant, elle défendait une vision très conservatrice du rôle des femmes. Tandis que d’autres, comme Claire Lacombe, Pauline Léon et Olympe de Gouges, réclamaient des droits politiques étendus, elle voulait tenir les femmes à l’écart du pouvoir. Elle-même ne s’y conforma pas. Sa vie fut aussi ambivalente que la Révolution française : pleine de contradictions. Mais Kéralio avait assez d’assurance pour les assumer. Au final, seule comptait pour elle la liberté de décider. Une existentialiste avant la lettre.
27 août 1756 · Naissance à Paris comme fille illégitime de Louis-Félix Guynement de Kéralio et de Françoise Abeille.
19 janvier 1757 · Baptême après le mariage de ses parents.
1772 · Début de son activité littéraire. Premières traductions.
1785 · Publication de son premier ouvrage consacré à l’histoire de la reine britannique Élisabeth Ire.
1786 · Publication de la Collection des meilleurs ouvrages françois, composés par des femmes.
1 avril 1786 · Fondation d’une société d’édition à Paris.
3 février 1787 · Nomination comme membre honoraire de l’Académie d’Arras (présidée par Maximilien Robespierre).
13 août 1789 · Fondation du Journal d'État et du citoyen.
14 mai 1790 · Mariage avec Pierre-François-Joseph Robert, futur député à la Convention nationale.
Juillet 1791 · Retrait du journalisme après des conflits internes.
17 juillet 1791 · Participation aux événements autour de la fusillade du Champ-de-Mars.
21 septembre 1791 · Naissance de sa fille Adélaïde.
6 août 1792 · Attaquée en public pour avoir porté la cocarde, elle se défend avec un petit couteau et des réparties vives.
1793 · Avec le début de la Terreur, elle se retire de la politique.
1799 · Acquisition d’un château à Matagne-la-Petite (Belgique).
1810 · Vente du château après des difficultés financières.
1815 · Son mari doit quitter la France comme régicide après le retour des Bourbons. Louise le suit à Bruxelles.
31 décembre 1821 · Mort à Bruxelles.
Citations
Le plus grand bien que la constitution puisse faire, c’est d’écarter à jamais les femmes du gouvernement. Kéralio, avril 1790.
Sur l'influence des mots et le pouvoir du langage Titre d’un article de Kéralio (décembre 1790), proposant le tutoiement généralisé et l’usage de citoyen/citoyenne à la place de monsieur/madame.
L’antiféminisme de Louise de Keralio est une énigme, car sa pensée duelle-sexiste est en contradiction avec sa pratique, pionnière, de militante et de journaliste. Annie Geffroy, 2006.