Comme beaucoup d’artistes, Fabre était assez vaniteux et, lorsqu’un de ses poèmes remporta le prix de l’églantine, il ajouta cette distinction (Églantine) à son nom. Le Montagnard ne fut pas condamné pour des raisons politiques, mais à mort pour des délits criminels. Il avait en effet participé à des manœuvres frauduleuses et à des falsifications. Le fait qu’il dût comparaître devant le tribunal en même temps que Danton et ses partisans résultait d’un habile coup des comités, qui voulaient ainsi discréditer Danton. Fabre d’Églantine entra dans l’histoire comme l’un des créateurs du Calendrier républicain. Tandis que Romme en conçut la structure, Fabre élabora les noms des mois et des jours. Le jour de son exécution tomba ainsi un sextidi, le 16 germinal de l’an II de la République. JK
1750 - 1794
29 juillet 1750 · Naissance à Carcassonne.
1770 · Fabre rejoint une troupe de comédiens itinérants.
Septembre 1792 · Député à la Convention nationale pour le département de la Seine.
24 octobre 1793 · Fabre présente à la Convention son projet sur les noms des mois et des jours du calendrier républicain. Les nouvelles dénominations sont fixées par la loi.
12 janvier 1794 · Fabre est arrêté sur l’initiative du Comité de salut public en raison de son implication dans l’affaire de la Compagnie des Indes.
2 avril 1794 · Ouverture du procès contre lui et d’autres accusés (dont Danton) devant le Tribunal révolutionnaire.
5 avril 1794 · Exécution sur la place de la Révolution à Paris.
Citations
Les prêtres avaient consacré chaque jour de l’année à la mémoire d’un prétendu saint ; ce catalogue de noms n’était ni utile ni logique, c’était un répertoire du mensonge, de la fraude et de la charlatanerie. Fabre pour justifier un nouveau système calendaire, octobre 1793.
Ils m’ont volé une comédie qui n’a rien à voir avec mon procès, qu’ils la gardent ! Après sa condamnation à mort, Fabre s’inquiéta pour sa pièce L’Orange de Malte. Il craignait que Collot d'Herbois ne s’en attribue la paternité.
Il entretenait des maîtresses, circulait en équipages, fréquentait les banquiers de toutes les nationalités. Albert Mathiez, 1922