La propriété, c’est le vol ! — cette formule est attribuée à Jacques Pierre Brissot. De grandes paroles. Il fut un écrivain talentueux et un orateur entraînant, mais non un homme politique pragmatique. Brissot prôna la guerre contre les monarchies d’Europe, sans savoir la conduire. Lorsque les succès militaires se firent attendre, la Révolution se radicalisa. Ce n’était pas ce qu’il avait voulu. Il tenta alors de reculer. Ce revirement mit en danger la jeune République et lui valut un ennemi puissant : Robespierre. Les Montagnards firent arrêter Brissot et ses amis girondins le 2 juin 1793. Le 31 octobre 1793, Brissot accomplit son dernier trajet vers l’échafaud. Le peuple criait : Vive la République ! JK
1789 - 1799
15 janvier 1754 · Naissance à Chartres.
1780 · Publication de Recherches philosophiques sur le droit de propriété et sur le vol.
Mai 1789 · Première parution du Patriote Français. Le journal paraît jusqu’en juin 1793.
Août 1791 · Député de la ville de Paris à l’Assemblée législative.
Décembre 1791 · Brissot se prononce avec passion pour la guerre contre les monarchies européennes.
Septembre 1792 · Élu député du département d’Eure-et-Loir à la Convention nationale.
Janvier 1793 · Brissot est d’abord opposé à la peine de mort pour le roi, mais vote finalement pour la mort sous condition d’une consultation populaire.
Mars 1793 · Brissot déclare à la Convention nationale qu’il s’agit désormais de mettre fin à la Révolution et d’empêcher l’anarchie. Il fait ainsi de lui-même et de son groupe, les Girondins, des ennemis des Montagnards autour de Robespierre.
2 juin 1793 · Sous la pression de la Commune de Paris, la Convention ordonne l’arrestation de Brissot et des Girondins. Les Montagnards obtiennent ainsi la domination au sein de la Convention.
24 octobre 1793 · Ouverture du procès contre vingt-et-un députés de la Gironde.
31 octobre 1793 · Exécution de vingt Girondins, dont Brissot, sur la place de la Révolution à Paris.
Citations
Un peuple qui, après dix siècles d’esclavage, a conquis sa liberté, a besoin de la guerre. La guerre est nécessaire pour affermir la liberté. Brissot, 16 décembre 1791
Je croyais que M. Brissot m’avait sauvé ! Louis XVI, après l’énoncé de sa condamnation à mort, janvier 1793
Plutôt la mort que l’esclavage, c’est la devise des Français. Chant des Girondins sur le chemin de la guillotine, 31 octobre 1793