Gracchus Babeuf

Gracchus BabeufBabeuf choisit le prénom Gracchus en hommage aux frères Gracchus, connus dans la Rome antique pour leurs réformes sociales. Mais il voulait plus que des réformes : il rêvait d’une nouvelle révolution. Son plan était de renverser le Directoire. La Conjuration des Égaux attira de nombreux partisans, mais resta mal organisée. Le gouvernement, averti dès le départ, attendit le moment favorable pour arrêter le plus grand nombre de comploteurs. Au procès, 47 accusés comparurent. Le public soutenait Babeuf, ses discours étaient souvent applaudis. Pourtant, parce qu’il réclamait une République de l’égalité, la République bourgeoise le condamna à mort.
JK

1760 - 1797

Signature de Gracchus Babeuf

Citations

Nul ne peut s’approprier exclusivement les biens de la terre ou de l’industrie sans être un criminel.
Gracchus Babeuf

Le tribun du peuple est libre. Le gouvernement a été assez maladroit pour le libérer. Les conséquences de cette folie ne tarderont pas à se faire sentir.
Babeuf après sa libération de prison, le 6 novembre 1795

Ce procès est le procès de la Révolution française. Le destin de la République en dépend.
Babeuf devant le tribunal à Vendôme, mai 1797

Parle avec Babeuf

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Liens externes

Le Moniteur

Duodi, 12 prairial, l'an 5 de la République Française une et indivisible
(31 mai 1797)



Allégorie de l’écrasement de la Conjuration des Égaux, 1796

Manifeste des Égaux




Peuple de France !

Pendant quinze siècles, tu as vécu dans la servitude – et donc dans le malheur. Depuis six ans, tu respires à peine, dans l’espoir d’indépendance, de bonheur et d’égalité.

L’égalité ! Première loi de la nature, besoin fondamental de l’homme et lien sacré de toute communauté légitime !

Nous sommes tous égaux, n’est-ce pas ? Ce principe est inébranlable : il faudrait être fou pour affirmer qu’il fait nuit quand le soleil brille.

Voilà pourquoi nous exigeons : désormais, nous voulons vivre et mourir égaux, comme nous sommes nés égaux. Nous voulons l’égalité réelle – ou la mort. Voilà notre volonté inébranlable.

Peuple de France !

La Révolution française n’a été que le prélude d’une révolution plus vaste, plus solennelle – et elle sera la dernière.

Le peuple a balayé les rois et les prêtres qui s’étaient ligués contre lui ; de même, il balayera les nouveaux tyrans, les nouveaux Tartuffes politiques, qui ont pris leur place.

Qu’il n’y ait plus désormais parmi les hommes d’autre distinction que celle de l’âge et du sexe. Puisque tous ont les mêmes besoins et les mêmes facultés, il ne doit y avoir qu’une seule éducation, qu’un seul pain pour tous.

Les constitutions aristocratiques de 1791 et 1795 n’ont fait que resserrer tes chaînes au lieu de les briser. Celle de 1793 fut un grand pas vers la véritable égalité ; jamais on n’en avait été si près. Mais elle n’a pas atteint le but et ne s’est pas tournée vers le bonheur commun qu’elle proclamait pourtant solennellement.

Peuple de France !

Ouvre les yeux et le cœur à toute la plénitude du bonheur. Reconnais-le – et proclame avec nous la République des Égaux.